Love, Simon : de la fraîcheur à l’état pur

Love, Simon : de la fraîcheur à l’état pur

Après avoir parlé du Collier Rouge, passons à une nouvelle adaptation. D’ordinaire, les comédies romantiques mettent en scène des relations hétérosexuelles. Cependant… « On mérite tou.te.s une première grande histoire d’amour ». Plongeons donc dans l’univers de Love, Simon, comédie romantique et teenage movie réalisé par Greg Berlanti et adapté du roman Simon Vs. The Homo Sapiens Agenda écrit par Becky Albertalli.

Synopsis

Lycéen dans la banlieue d’Atlanta, Simon a un secret : il est gay. Personne ne le sait, et le jeune garçon entend bien que les choses restent ainsi. Un jour, un autre lycéen, sous le pseudo de Blue, dévoile son homosexualité sur le blog du lycée. Simon et Blue commencent alors à discuter par e-mail. Mais quand leurs échanges vont tomber dans de mauvaises mains, plus rien ne va se passer comme avant.

Love, Simon mais aussi les autres personnages

L’un des points forts incontestables de Love, Simon est sans aucun doute la construction de ses personnages, et évidemment en particulier de Simon et de Blue. En effet, le film prend le temps de nous présenter chacun.e des protagonistes par le prisme de la narration de Simon et il devient très facile de s’y attacher.

Les acteurs et actrices y sont pour beaucoup. Leurs performances respectives rendent tou.te.s les protagonistes extrêmement vivant.e.s. Si les premiers rôles – Nick Robinson, Katherine Langford, Alexandra Shipp, Jorge Lendeborg Jr., Logan Miller et Keiynan Lonsdale – sont excellent.e.s, les seconds rôles ne sont pas en reste. Jennifer Garner et Josh Duhamel interprètent des parents parfois maladroit.e.s mais aimant.e.s et émouvant.e.s. Les enseignant.e.s ont aussi leur moment de gloire grâce à leurs dialogues et à l’interprétation de Natasha Rothwell et Tony Hale.

Feel good movie musical et émouvant

Beaucoup de séquences sont fortes en émotions et impliquent différent.e.s protagonistes autour de Simon. Les personnages prenant la défense de Simon, les coming out (car on oublie souvent qu’il n’y a pas qu’un seul coming out dans la vie d’une personne queer) et bien évidemment le final. Chacune de ces scènes, clés d’une certaine manière, n’en font jamais trop et le jeu des acteurs et actrices y résonne d’une justesse renversante.

Mais un feel good movie n’est pas vraiment un feel good movie si la bande originale ne suit pas. La musique avait déjà une certaine importance dans le livre, et il est donc logique qu’une attention particulière lui soit accordée. La musique originale, signée Rob Simonsen, a des tonalités assez pop, légèrement électro. Si la musique fonctionne aussi bien, c’est probablement grâce à l’implication de Jack Antonoff, leader du groupe Bleachers, qui s’est pris de passion pour le projet et a choisi l’intégralité des chansons et artistes entendu.e.s sur l’album de la bande originale (dont 4 morceaux du groupe Bleachers).

Difficile de passer à côté de la musique lorsque l’on sait que les lycéen.ne.s travaillent sur un projet de comédie musicale. Néanmois, le film accorde une scène 100% comédie musicale dans une rêverie de Simon environ à la moitié du métrage. Une scène extrêmement drôle et fraîche, très bien filmée et montée.

Une adaptation libre

Si Love, Simon est une comédie romantique, le long-métrage présente une forme relativement peu commune dans le genre. En effet, Simon recherche le mystérieux Blue. Les spectateurs.rices se prennent au jeu avec lui, grâce aux séquences où Simon imagine Blue en train de rédiger ses e-mails. Un suspense se crée alors jusqu’à la dernière minute (si l’on n’a pas lu le livre évidemment). Cependant, l’histoire du livre et du film sont loin d’être copiés-collés. Certes, les grandes lignes sont les mêmes : les personnages ont les mêmes traits de caractères et globalement le point de départ et l’arrivée sont identiques. Cependant, le chemin emprunté n’est pas exactement le même. Une bonne nouvelle, car peu importe le fait d’avoir découvert le roman ou le film Love, Simon en premier, vous prendrez tout autant de plaisir à découvrir la seconde version !

Un grand pas en avant pour la représentation queer au cinéma

Mais là où Love, Simon est une oeuvre importante, c’est lorsque l’on parle en terme de représentation. En effet, c’est probablement la première comédie grand public visant les adolescent.e.s à mettre en scène un personnage principal ouvertement gay et surtout à finalement dépeindre une relation homosexuelle. Et c’est un grand pas en avant.

La communauté LGBTI+ est effectivement souvent reléguée à des films moins grand public, ou mal représentée dans les grosses productions. Il arrive même qu’elle soit uniquement sous-entendue et jamais explicite (coucou Solo: A Star Wars Story et d’autres). Entendez par là que les clichés vont bon train et que les longs-métrages grand public entachent plus qu’ils n’aident la représentation LGBTI+ (coucou La Belle et la Bête version 2017). La reconnaissance des communautés et par extension des relations queer comme normales au même titre que les relations hétérosexuelles est donc d’ordinaire compliquée.

Mais pas ici. Certes, il reste quelques défauts, car le film n’est pas parfait. Mais ils sont loin d’être majoritaires et sont parfois démontés (comme dans la scène musicale du film). Et clairement : cela fait du bien.

En bref…

Feel good movie engagé, Love, Simon est doux, cotonneux, touchant, drôle… Une petite dose de fraîcheur à ne pas rater au cinéma en ce début de vacances d’été !

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