Le Collier Rouge : portrait de l’après Der des Ders

Le Collier Rouge : portrait de l’après Der des Ders

Sorti le 28 mars 2018, Le Collier Rouge est une adaptation du roman éponyme écrit par Jean-Christophe Rufin. Le film a été réalisé par Jean Becker, habitué des adaptations de livres. Il s’était en effet déjà occupé de l’adaptation de L’Été Meurtrier (1983), Effroyables Jardins (2003), Deux jours à tuer (2001) ou encore La Tête en Friche (2010). Alors qu’en est-il du Collier Rouge version cinéma ?

Synopsis

Sous une chaleur étouffante de l’été 1919, un chien aboie sans cesse devant les portes d’une prison. Son maître, Jacques Morlac, héros de la Grande Guerre y est enfermé pour une raison inconnue. Lantier, le juge en charge de cette affaire, arrive sur place et est chargé de faire la lumière sur cette histoire.

L’époque post-Der des Ders bien retranscrite

Souvent dépeinte au cinéma, l’entre-deux guerres est un paysage qui nous est familier. Elle fait effectivement l’objet d’études dans nos cours d’histoire (bon courage aux bacheliers et bachelières d’ailleurs). Ici, son portrait passe par une image aux couleurs désaturée, comme pour rappeler les couleurs vieillies des photographies. Les costumes sont également très soignés, tout comme le maquillage et les effets spéciaux. Rien de très transcendant ceci dit.

Alors que l’action se déroule bien souvent dans les grandes villes détruites, l’histoire du Collier Rouge se focalise sur une petite région de campagne du sud de la France. La caméra filme avec application la précarité des personnes vivant dans les milieux ruraux à l’époque.

Une ambiance qui peine à s’installer

Le Collier Rouge cependant est loin d’être exempt de défauts. N’ayant pas lu le livre, il est impossible de déterminer si le découpage du film provient de l’adaptation du livre ou s’il s’agit d’un choix de la réalisation et du scénario. Néanmoins, on sent une certaine superficialité dans la construction de l’oeuvre. En effet, l’enchaînement mécanique des scènes – dû aux flashbacks – alourdit de façon conséquente le métrage.

Déjà pataud, Le Collier Rouge s’installe encore plus dans la superficialité au niveau de ses dialogues et des coupures de ses scènes. En effet, si les personnages continuaient de parler, le film pourrait presque s’arrêter au bout de 40 petites minutes. Ce suspense artificiel amplifie donc l’impression de lourdeur déjà véhiculée par la construction en elle-même de l’oeuvre.

De plus, ce découpage forcé ne laisse pas assez de temps pour qu’une ambiance s’installe. Les personnages apparaissent ainsi plutôt lointains, et il peut s’avérer plus compliqué pour les spectateur.ice.s de s’impliquer émotionnellement, d’autant plus que la musique est très discrète. Une chance que les acteurs et actrices soient bien dirigé.e.s car cela sauve le navire du naufrage (il arrive cependant qu’on puisse se demander si l’ennui ne les guette pas de temps à autres).

Des choix dommages

Le personnage interprété par Nicolas Duvauchelle a beaucoup de potentiel. Néanmoins, son traitement paraît un peu simpliste. Cela provient probablement du roman Le Collier Rouge ayant servi de base pour le film. Mais force est de constater que l’idée qu’avait en tête Morlac pour son coup d’éclat semble gâchée. Ce personnage aux idées révolutionnaires quelque part, en colère, se retrouve assagi par une pirouette scénaristique assez lourde (décidément). Pirouette d’autant plus dommage qu’elle nous sert un final classique, vu et revu.

Enfin, on ne parle pas très souvent des affiches mais : sur l’affiche, on voit le collier rouge. Difficile alors, une fois qu’on l’a vu, de ne pas se retrouver barbé.e par l’envie de créer du suspense pour quelque chose que l’on a vu avant même le premier plan du film. Et encore, quand bien même on aurait échappé à la vue de l’affiche, il suffit d’une seule phrase de Nicolas Duvauchelle pour recoller les morceaux du puzzle.

En bref…

Si les compétences techniques sont de bonne qualité, Le Collier Rouge reste décevant, notamment par certains de ses choix. L’absence d’ambiance pour un film qui cherche à créer un suspense artificiel crée un déséquilibre qui n’est pas sauvé par des acteurs et actrices pourtant bien dirigé.e.s.

Tu veux en savoir plus sur le film ? Clique ici ! ;^)

Qu'avez-vous pensé de notre article ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *