Ready Player One, ou le retour du patron

Ready Player One, ou le retour du patron

Superbe affiche

Ayant initié la mode des blockbusters hollywoodiens dans ses jeunes années, le septuagénaire qu’est Steven Spielberg était forcément attendu lorsqu’il annonça qu’il allait de nouveau se frotter aux films à gros budgets et notamment l’adaptation de Ready Player One d’Ernest Cline. Au fil des ans, papi Spielberg s’est fait une renommée mondiale et est certainement le réalisateur le plus connu encore en activité. Même s’il s’est tourné sur une veine historique ces derniers temps, donc moins grand public, ses films sont toujours très attendus par les cinéphiles les plus avertis (en témoigne le très bon Pentagon Papers de janvier dernier).

Mais en adaptant le roman de Cline qui évoque directement tous les personnages de la pop-culture, dont Spielberg en est la figure de proue, on pouvait être sceptique quant au résultat final qui s’inscrit dans la tendance de la culture doudou. En invoquant tous ces personnages et éléments, le film aurait pu créer ce sentiment de nostalgie si critiqué aujourd’hui, en bien comme en mauvais. Que nenni.

C’est quoi Ready Player One ?

Nous sommes en 2045 à Columbus dans l’Ohio. Wade Watts vit dans des piles de caravanes entassées les unes sur les autres. Diverses guerres ont ravagé le monde qui est encore au bord du chaos. Le seul refuge, c’est l’OASIS, un monde virtuel inventé par James Halliday. Les possibilités sont infinies et chaque personne peut être qui elle veut et faire ce qu’elle souhaite. Jusqu’au jour où Halliday décède et annonce qu’il a dissimulé un easter egg donnant le contrôle total de l’OASIS. Cela entraine une compétition planétaire dont le jeune Wade, sous son pseudonyme Parzival, va s’embarquer avec l’aide de ses amis.

Ici, chaque personnage s’approprie les références. Elles ne sont pas utilisées uniquement dans un but nostalgique. Les avatars de personnages mythiques ou les objets qu’ils utilisent ont uniquement un but utilitaire. Et c’est ce qui fait la force de ce film dans son propos car il n’hésite jamais à en abuser pour dénoncer le système hollywoodien constamment tourné vers le passé. Cela aurait pu en rebuter plus d’un mais toute cette orgie semble passer comme une lettre à la poste et on est comme des petits fous à regarder tout ce qui se passe à l’écran.

La touche Spielberg

Tout cela est rendu possible par la maitrise incontestée de Steven Spielberg qui arrive à se renouveler. En effet, une entrée en matière n’a jamais été aussi bluffante et sidérante de maitrise. Les vingt premières minutes sont à tomber par terre en terme de réalisation. La première course automobile est d’une dinguerie sans nom avec ses plans séquences ultra maitrisés au rythme dantesque. La bataille finale, qui recense quand même un paquet de personnages, est digne des batailles du Seigneur des Anneaux. Le film n’atteint jamais l’overdose et procure un plaisir fou.

Cliquez pas si vous voulez pas vous faire spoiler

Mais la séquence la plus dingue c’est bien celle de Shining. Elle est techniquement parfaite et est probablement la meilleure idée de la décennie. On sent clairement que Spielberg et son équipe ont du se régaler à tourner ce passage qui rend hommage à son modèle qu’est Kubrick.

[collapse]

Au-delà de la réalisation, Spielberg se retrouve dans les trois personnages centraux du film. Wade Watts est l’allégorie du Spielberg jeune et rêveur avec une ressemblance très curieuse entre l’acteur Tye Sheridan et lui-même. James Halliday, créateur de l’OASIS, représente le Spielberg adulé de tous, qui a participé à la création de cette pop-culture. Enfin, on peut aussi comparer l’antagoniste du film, Nolan Sorrento, redoutable homme d’affaires qui souhaite mettre la main sur l’OASIS, avec l’énorme businessman qu’est devenu Spielberg au fil du temps.

Un monde qui donne envie

Le scénario rentre dans les clous des productions du genre mais ne gâche en rien notre plaisir. Il manque de vraies pistes de réflexion sur la vie entre ces deux mondes, dont le virtuel est privilégié par quasiment tout le monde. Cela aurait pu rendre le film un matériel universel en termes de réflexion sur la virtualité qui nous entoure aujourd’hui. Mais bon, on a déjà un film brillamment divertissant, il ne faudrait pas cracher dans la soupe quand même.

On aurait pu craindre aussi des effets spéciaux un peu bancals. Sauf que l’univers virtuel auquel nous fait croire le film nous fait aussi croire en ces effets visuels numériques. La technique semble être parfaitement au point et il n’y a jamais vraiment d’effets mauvais qui nous font sortir du film. La 3D est de très bonne facture, surtout durant l’introduction, renforçant ainsi l’immersion au cœur de cet incroyable univers. Couplé avec la technologie IMAX, le film en ressort encore plus impressionnant et vous scotchera littéralement dans votre siège.

En clair, Ready Player One signe le retour exceptionnel de Steven Spielberg au film d’aventures et ne se contente jamais de refaire ce qu’il a déjà pu expérimenter mais bien d’amener le divertissement mainstream hollywoodien à des niveaux stratosphériques comme il n’en arrive que très rarement. Ça donne vraiment envie de le revoir une troisième fois (oui parce que je l’ai déjà vu deux fois).

Vous souhaitez acheter ce film en DVD ou Bluray ? N’hésitez pas à passer par nos liens Amazon !

Comment avez-vous trouvé notre article ?
Envoi
User Review
4.88 (8 votes)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *