Hostiles : tensions au Far West

Hostiles : tensions au Far West

Sorti le 14 mars 2018 dans les salles obscures françaises, Hostiles est un western réalisé par Scott Cooper. L’action se déroulant aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle, le film a pour toile de fond le génocide amérindien et s’intéresse aux relations tendues entre les militaires américains de l’époque et les populations amérindiennes.

Synopsis

Le Capitaine Joseph Blocker (Christian Bale), est contraint par sa hiérarchie de raccompagner dans le Montana l’un de ses plus grands ennemis amérindiens, le chef Yellow Hawk (Wes Studi), et sa famille, prisonniers depuis dix ans. Il constitue alors une équipe d’une petite dizaine de soldats et se met en route. Ils croiseront le chemin de Rosalie Quaid (Rosamund Pike), une femme ayant perdu sa famille lors de l’attaque comanche.

Une forme classique

Que l’on soit clair.e.s : il est assez facile de voir venir la fin du film dès ses premières minutes, ainsi que son cheminement. Effectivement, les personnages sont assez classiques et les dialogues pour amener l’intrigue au début sont également plutôt prévisibles. Il est alors simple de deviner à l’avance les événements du film, rendant les décisions et réactions des protagonistes rarement surprenantes.

Une ambiance pesante

Néanmoins, le long métrage dispose d’une ambiance assez prenante. La tension est omniprésente, aussi bien pendant les scènes d’action que pendant les pauses. Le jeu des acteurs et actrices compense la prévisibilité des dialogues et laisse l’ambiance peser tout au long du métrage (à une exception risible près). Christian Bale est excellent, tout comme Wes Studi, Jonathan Majors, Rory Cochrane, Rosamund Pike et Jesse Plemons. Les acteurs plus secondaires sont également très bons comme Ben Foster, qui campe un criminel imbuvable (et narquois).
S’il n’y avait qu’une seule scène à citer, ce serait l’ouverture du film. Cette séquence m’a littéralement clouée à mon siège tant elle est violente, brutale et extrêmement bien filmée. D’entrée de jeu, le spectateur est pris au dépourvu. La tension est dès le départ à son comble, notamment grâce au travail des bruitages.

L’ambiance n’est cependant pas le seul point positif de Hostiles. Les décors sont immersifs (en particulier la forêt de la première scène, et le dernier campement de nuit). La photographie est très belle tout comme les couleurs. Pour ne citer qu’eux : les plans à contre-jour lors de couchers de soleil sont à tomber par terre.

Un message de tolérance

L’un des intérêts de Hostiles est son aspect historique. Il permet en effet de cristalliser les relations entre les citoyens américains et les amérindiens à l’époque.

De nombreux massacres opposaient les yankees et les « peaux rouges » comme les Cheyennes, les Comanches, les Sioux ou les Apaches. Certains sont d’ailleurs mentionnés par le personnage de Christian Bale, en début de film. Historiquement, on parle d’ailleurs de génocide amérindien.

Si les afro-américains avaient déjà gagné leur citoyenneté grâce au Civil Rights Act de 1866 (un an après la ratification du XIIIème amendement), les amérindiens n’avaient pas encore acquis ce droit, qu’ils n’obtiendront qu’en 1924. La question du racisme – et en particulier du racisme anti-amérindien – se pose donc. Au début considérés comme des animaux par les soldats, le prisme du traumatisme de Rosalie Quaid renforce également le racisme dans la première partie du film. Les yankees finissent petit à petit par leur accorder leur humanité au fur et à mesure que le métrage avance. Un message de tolérance se dégage donc progressivement, rendant au passage l’une des scènes finales déchirante.

La culture états-unienne n’est jamais loin…

Une autre piste de réflexion amenée par Hostiles pourrait être la justification des meurtres commis par les forces de l’ordre. En effet, à plusieurs reprises, Blocker explique que les crimes qu’il a fait ne peuvent pas lui être reprochés car il « faisait son travail ». Il s’agit peut-être d’une critique des polices américaines. Elles sont en effet souvent pointées du doigt, notamment pour des motifs racistes liés à des interventions musclées.

Dans le même temps, le discours de Metz (Rory Cochrane), rétorquant que les soldats ne sont « pas les seuls à avoir le droit de tuer », plaide en faveur du sacrosaint IIème amendement américain. Il appelle donc la population à se défendre et à prendre elle-même les armes. Un discours évidemment calibré pour les Etats-Unis, mais assez limite car si l’on peut ne pas approuver les actions des forces de l’ordre, je doute personnellement que le danger des armes et le fait de s’octroyer le droit de rendre la justice soi-même soit un message purement positif (mais peut-être suis-je passée à côté de quelque chose qui nuance le propos).

En bref…

Hostiles est un film prenant, bien ficelé même si prévisible. Son message de tolérance sur fond d’Histoire est intéressant à l’heure actuelle, bien que le discours pro-IIème amendement ne reste un peu gênant hors USA…

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